Pacific Crossing – Leg 1 – New Zealand to Fiji – Part 3

Opua, NZ – Port Denarau, Fiji :

English below 😉

La tempête

Le temps forcit et la mer grossit à l’approche de Fiji mais ça reste tout à fait gérable. Pour l’instant. Alors que nous nous réjouissons d’arriver enfin le lendemain, le destin n’a pas encore fini de se jouer de nous. C’est évidemment à la tombée de la nuit que le pilote automatique casse (il s’arrache de son support à la coque). C’est dire la taille des vagues (certaines atteignent bien 3-4m).

On continue alors à la barre que je contrôle pendant plus de 2h jusqu’à 21:00 après quoi je suis éclaté et vais rejoindre ma couchette et Mag’ qui subit à nouveau de plein fouet son mal de mer qui se réveille à cause du stress. Palla et Ernests prennent le relais. La décision est aussi prise de nous rendre au port de Suva, plus proche que celui de Savu Savu que nous visions initialement.

Vers 23:30, on est réveillé avec fracas ! C’est la tempête dehors avec une pluie diluvienne, des éclairs qui illuminent le ciel et un vent qui a chatouillé les 30 nœuds pendant que Mag’ et moi dormions. Autant dire que ça secoue sévère à présent. Il nous reste une trentaine de Miles à parcourir. Nous sommes si proches 😭…

Pendant la demi-heure précédente, Charlotte est entrée en contact avec un porte container qui nous faisait route droit dessus pour leur demander de nous éviter car nous avons de la peine à manœuvrer. Après quelques échanges, ils demandent si nous avons besoin d’assistance.

Étant donné les circonstances, nous sommes très intéressés par un remorquage. L’autre navire n’est pas en mesure de le faire car il se dirige vers le large à moins qu’on lance officiellement un Mayday mais on en est pas à ce niveau de danger (un Mayday n’est à utiliser qu’en cas de danger de mort imminent). Mais ils font tout ce qu’ils peuvent pour essayer de transférer notre appel de panne aux gardes côte et tentent même d’appeler la capitainerie du port de Suva mais sans succès. WTF?! À quoi servent ces gens s’ils ne sont pas là pour répondre à un appel à l’aide ?

Nous nous mettons alors “à la cap” (une position de bateau pour nous laisser dériver de façon sécure) après avoir fait tomber la grand voile pour attendre le jour demain matin et, on l’espère, une meilleure météo. Heureusement, vent et courant nous poussent un peu plus au large ce qui nous évite tout risque d’échouage sur des récifs. Une fois le bateau stable, nous fixons la barre et allons nous mettre à l’abri des éléments qui continuent de nous marteler pour nous reposer. Il est maintenant 1:30 du matin.

À 5:00, CRACK! Nous sommes réveillés en sursaut par un grand bruit terrifiant ! On aurait dit qu’on avait tapé la coque contre quelque chose mais c’est heureusement impossible car nous avons plus de 2000m sous nos pieds.

On découvre que la corde permettant de rouler le génois a cédé et ce dernier s’est ouvert un peu plus mais il est maintenant impossible de le renrouler complètement. Les galères continuent… Avec l’aube plus très loin, nous décidons de reprendre la route en direction du troisième port, Lautoka, avec des services d’immigration 35 Miles plus loin et vers lequel nous avons dérivé jusqu’à présent. Le vent reste fort mais le ciel s’est calmé un petit peu. Nous faisons quand même encore du 6-7 nœuds avec uniquement ce génois à moitié déroulé. Au moins nous progressons rapidement vers notre nouvelle destination…

L’arrivée !

Avec le lever du jour, le ciel fini par se dégager et nous pouvons enfin apercevoir… La terre !!! Ça donne un grand Boost au moral qui remonte en flèche.

Nous filons alors tout droit vers le rivage et plus nous nous approchons, plus la mer se calme enfin. Ouf ! Mais nous ne sommes pas encore arrivés pour autant. En effet, pour atteindre le port, nous devons traverser un étroit passage entre des récifs pour entrer dans un énorme lagon. Heureusement, tout se passe bien…

Jusqu’à ce que, soudainement, nous perdons notre position GPS. Le device ne répond plus. Va-t-on un jour avoir la paix ?! Heureusement, on peut utiliser la position GPS fournie par la radio VHF mais wtf ? C’est vraiment pas le moment avec tous les récifs qui traînent dans les parages…

Finalement, après encore quelques heures de route, nous arrivons enfin à l’entrée du chenal menant à Port Denarau avec le soleil couchant. Nous décidons alors de nous mettre à l’ancre pour attendre le lendemain car nous ne sommes pas encore sûr si nous pouvons procéder à l’immigration dans ce port-là.

En attendant, nous faisons péter le Champagne qu’une amie à Charlotte nous avait donné lors de notre départ. Qu’est-ce que ça fait du bien d’être arrivé à destination…


The Storm

The weather is getting rougher and the sea is swelling up as we approach Fiji, but it’s still quite manageable. For now,. While we rejoice to finally arrive the next day, fate has not finished playing with us. It is obviously at nightfall that the autopilot breaks (it is torn from its support on the hull). That tells you the power of the waves (some reach 3-4m).

We thus continue at the helm that I control for more than 2 hours until 9:00 p.m. after which I am exhausted and go to my bunk near Mag’ who again suffers the brunt of her seasickness which woke up because of stress. Palla and Ernests take over. The decision is also made to go to the port of Suva, closer than that of Savu Savu that we initially intended.

Around 11:30 p.m., we wake up with a bang (literally)! There’s now a storm outside with torrential rain, lightning lighting up the sky and a wind that went well over 30 knots while Mag’ and I were sleeping. Suffice to say that the boat is shaking a lot now. We still have about thirty miles to go. We are so close 😭…

During the previous half hour, Charlotte came into contact with a container ship which was heading straight for us to ask them to avoid us because we were having difficulty maneuvering. After a few exchanges, they ask if we need assistance.

Given the circumstances, we are very interested in a tow. The other ship is unable to do so as it is heading seaward unless we officially launch a Mayday but we are not at that level of danger (a Mayday is only to be used in case of imminent danger of death). But they do everything they can to try to transfer our call for help to the coastguards and even try to call the harbor master of Suva but without success. WTF?! What good are these people for if they are not there to answer a call for help?

We thus put ourselves “to heave to” (a boat position to allow us to drift safely) after dropping the mainsail to wait for daylight tomorrow morning and, we hope, better weather. Fortunately, the wind and current push us a little further out to sea, which avoids any risk of stranding on the reefs. Once the boat is stable, we fix the wheel and go in the cabin to shelter from the elements. It is now 1:30 in the morning.

At 5:00, CRACK! We are awakened by a loud terrifying noise! It sounds like we hit the hull against something but luckily that’s impossible because we have more than 2000m under our feet.

We discover that the rope allowing the genoa to be furled has given way and the latter has opened up a little more, but it is now impossible to refurl it back in completely. The problems continue… With dawn no longer far away, we decide to move on again towards a third port, Lautoka, with immigration services 35 miles away and towards which we have drifted so far. The wind remains strong but the sky has calmed down a bit. We are still making 6-7 knots with only this half-unfurled genoa. At least we are making rapid progress towards our new destination…

The arrival !

With daybreak, the sky finally clears up and we can finally see… Land !!! It gives a great boost to morale which skyrockets.

We thus head straight for the shore and the closer we get, the more the sea finally calms down. Phew! But we haven’t arrived yet. Indeed, to reach the port, we must cross a narrow passage between reefs to enter a huge lagoon. Fortunately, everything is going well…

Until suddenly we lose our GPS position. The device no longer responds. Will we ever have peace?! Fortunately, we can use the GPS position provided by the VHF radio but wtf? Now’s really not the time with all the reefs around…

Finally, after another few hours, we finally arrive at the entrance to the channel leading to Port Denarau with the setting sun. We decide to put ourselves at anchor to wait for the next day because we don’t want to go any further with our leaking ship although we are not yet sure if we can proceed to immigration in this port.

Regardless, we take out the Champagne that a friend of Charlotte had given us when we left. It feels so good to have finally arrived at our destination…

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